Burn-out : les résultats des dernières études en imagerie cérébrale

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Burn-out : les résultats des dernières études en imagerie cérébrale

Message  gdbabou le Ven 20 Juil - 15:45

S’il est aujourd’hui possible de faire reconnaître le syndrome d’épuisement comme une maladie professionnelle et bien que ses symptômes soient de plus en plus connus des organisations, le burn-out reste absent des nomenclatures internationales décrivant les troubles mentaux. De récentes études d’imagerie cérébrale pourraient permettre une meilleure acception médicale du syndrome d’épuisement professionnel.

Mots-clés
Stress au travail.
Une maladie liée au stress…
Les chercheurs se sont intéressés à la manière dont l’organisme des sujets atteints d’épuisement professionnel régule la sécrétion du cortisol, hormone qui intervient notamment dans la réaction de stress. Si l’on s’aperçoit que les sujets présentant un burn-out ont un taux de cortisol dans le sang supérieur aux sujets en bonne santé, cette observation ne permet malheureusement pas de différencier le burn-out d’autres troubles (comme la dépression ou le stress post traumatique) sur le plan médical.

…qui touche les capacités de régulation émotionnelle…
L’épuisement émotionnel fait partie des symptômes connus du burn-out que les chercheurs sont aujourd’hui en mesure d’observer sur le plan cérébral.

En mesurant le potentiel électrique des cerveaux d’individus touchés à l’aide d’électroencéphalogramme, les chercheurs ont pu mettre en évidence une moindre réponse cérébrale aux stimuli émotionnels (présentation de photos de visages exprimant une émotion). Certaines subtilités des potentiels électriques du cerveau laissent penser que cette moindre capacité à percevoir les informations émotionnelles serait un marqueur fiable du burn-out, le différenciant ainsi de la dépression sur le plan neurophysiologique.

Les chercheurs ont observé par ailleurs que ces personnes « traitent » les informations émotionnellement négatives de leur environnement plus rapidement que celles connotées positivement d’un point de vue émotionnel.

Enfin, l’imagerie cérébrale a permis de mettre en évidence la difficulté des personnes touchées par le burn-out à réguler leurs propres émotions négatives (tristesse, peur, colère, etc.) et les symptômes physiologiques qui y sont associés. Ceci serait lié à un « découplage » de l’amygdale et de certaines aires du cortex cérébral qui sont impliquées dans la régulation émotionnelle. Les chercheurs ont également observé que les personnes ayant connu des épisodes d’épuisement professionnel présentent une amygdale plus développée et avec un plus grand nombre de connexions neuronales entre les régions du cerveau associées au stress.

Toutes ces études montrent que le traitement des informations de nature émotionnelle est altéré chez les personnes en épuisement professionnel. L’hypothèse d’un cercle vicieux biologique qui augmente la vulnérabilité des individus au stress émotionnel semble donc se confirmer.

… ainsi que certaines capacités cognitives
Au cours de recherches successives, les chercheurs ont comparé les performances cognitives d’individus en bonne santé mentale et physique avec celles de personnes en burn-out.

Lorsqu’il est demandé à ces différentes personnes de se concentrer sur une tache de longue durée, les sujets en épuisement professionnel éprouvent une plus grande difficulté à inclure au fur et à mesure les nouvelles informations utiles qui leur sont données afin de mener à bien un travail. Ils sont également plus en difficulté lorsqu’on leur demande de passer rapidement d’un exercice mental à un autre.

En fait, c’est le fonctionnement de leur mémoire de travail et de leurs capacités attentionnelles qui est altéré et qui demande à ces personnes un plus grand effort cérébral pour pouvoir parvenir aux mêmes résultats que les personnes en bonne santé. Il semblerait que ceci soit lié à une détérioration des connexions de l’amygdale avec l’aire préfrontale, qui est associée à l’attention, à la prise de décision ou encore aux traitements des problèmes complexes.

En conclusion, on retiendra que le travail des chercheurs mobilisant les progrès de l’imagerie cérébrale nous permettent de mieux comprendre la façon dont la qualité de vie des personnes touchées par le burn-out est impactée, et de mieux accompagner ces dernières sur les plans psychologiques, juridiques et sociaux, en facilitant la reconnaissance de ce trouble psycho-social par les instances législatrices et les entreprises.

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